skip to main content

Vous recevez chaque mois un bilan financier de vos placements boursiers sous la forme de relevés, alors pourquoi ignorer un bien potentiellement important comme les œuvres d’art et les objets de collection?

Vous avez probablement investi plus de temps, personnellement, à choisir les objets de votre collection que les placements individuels de votre portefeuille financier. Pensez donc aux évaluations périodiques, effectuées environ tous les cinq ans, comme un bilan financier de vos œuvres d’art et de vos objets de collection. Voici pourquoi votre collection d’art vaut peut-être plus que vous ne le pensez.



Les registres de ventes aux enchères ne révèlent que la moitié de l’histoire 

Si vous consultez des registres de ventes aux enchères, considérez le pourcentage qu’ils représentent par rapport à l’ensemble du chiffre des ventes. Les analyses sont souvent basées sur les ventes aux enchères d’artistes de renommée internationale dont les ventes dépassent 1 million de dollars, mais qui représentent moins de 1 % de toutes les œuvres d’art vendues. Comme il y a de fortes chances que votre œuvre d’art se situe dans les 99 % restants, il peut être plus difficile d’en déterminer la valeur avec précision. Pour obtenir une estimation réelle de la valeur de votre œuvre, vos évaluations doivent inclure des recherches supplémentaires sur des œuvres d’art comparables mises en vente sur le marché privé par des galeries. 



La relation symbiotique entre les marchands d’art et les maisons de vente aux enchères

Les gens oublient parfois que la valeur d’un artiste dépend de l’interaction entre les marchands d’art et les maisons de vente aux enchères. Aucun artiste ne devient célèbre sans être représenté par un marchand d’art. Ce dernier fait la promotion de l’artiste par le biais d’expositions, de catalogues et de placements privés, en augmentant les prix de l’artiste au fur et à mesure de la croissance de la demande. Les œuvres d’art atteignent ainsi une valeur qui attire l’attention d’une maison de vente aux enchères. Cette maison de vente aux enchères présente l’œuvre de l’artiste dans une vente aux enchères et fait la promotion de l’artiste auprès d’un public plus large, ce qui renforce sa notoriété, stimule la demande et augmente les prix de ses œuvres. La galerie valorise l’artiste, et la vente aux enchères suit dans la même veine. Cette relation entre les galeries et les maisons de vente aux enchères est importante pour tout le monde, notamment l’artiste et le collectionneur. Il est donc essentiel de déterminer la valeur d’une œuvre d’art tant auprès des galeries que sur le marché des ventes aux enchères. Cela permet d’assurer l’exactitude de l’évaluation.



Le regain d’attention pour les œuvres de femmes artistes et d’artistes de couleur

Comme Joan Mitchell et Sam Gilliam, n’est qu’un exemple parmi d’autres de la revalorisation des artistes sur le marché. L’attention des grands musées et des galeries d’art se manifeste par une augmentation des prix lors des ventes aux enchères et des ventes privées.


Selon une étude récente des indices Mei Moses de Sotheby’s, une œuvre réalisée par une artiste féminine achetée en 2012 et vendue en 2018 aurait, en moyenne, vu sa valeur augmenter de 72,9 %1.


Joan Mitchell, une importante peintre d’après-guerre, a connu une forte hausse de ses activités sur le marché, notamment un prix record pour son tableau de 1969 intitulé Blueberry, qui s’est vendu aux enchères en mai 2018 pour 16,6 millions $. En novembre 2019, son triptyque Plowed Field s’est vendu pour 13,3 millions $ chez Christie’s, alors qu’il s’était vendu en 2003 pour seulement 657 000 $. Cette appréciation de valeur devrait se poursuivre avec l’ouverture prévue en 2020 d’une importante rétrospective de la collection itinérante de Joan Mitchell.


L’artiste afro-américain Sam Gilliam, connu pour ses peintures sur toile libre, a vu son marché renaître ces dernières années. En plus de ses ventes records aux enchères, dont 2,17 millions $ pour Lady Day II chez Christie’s en 2018, Sam Gilliam comptait parmi les artistes représentés dans la célèbre exposition « Soul of a Nation » inaugurée à la Tate Modern et qui a été présentée dans de nombreux musées à travers les États-Unis.



Suivez la direction et le rythme d’évolution de votre collection

Le vieil adage « les gens ne veulent pas ce que leurs parents avaient, ils veulent ce que leurs grands-parents avaient » est également vrai dans le domaine de l’art. Voici notre « synthèse de la courbe générationnelle ». Veuillez noter qu’il s’agit d’un résumé de nos observations et non d’une analyse concluante.


Actuellement, la génération X (ceux nés entre 1965 et 1979), et la génération suivante du millénaire (ceux nés entre 1980 et 2000), reçoivent des richesses en héritage et constituent activement des collections de leur propre goût. Ils rejettent souvent l’art avec lequel ils ont grandi, optant plutôt pour l’art de la génération de leurs grands-parents.

En revanche, les premières générations à avoir largement collectionné de l’art, soit la génération du silence (ceux nés entre 1925 et 1942) et les premiers baby-boomers (ceux nés entre 1943 et 1964), prennent leur retraite ou sont sur le point de quitter ce monde. Certains artistes de leur époque de collection, principalement les années 1960-1990, sont devenus très recherchés, ou la valeur de leurs œuvres tend à augmenter, en fonction des prédilections de la génération X et des millénaires. Malheureusement, beaucoup d’autres ont perdu de la valeur au fil du temps.



1 https://www.sothebys.com/en/articles/where-women-outpace-men-in-the-market?locale=en