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« Les captives sont un outil extrêmement puissant pour la gestion des principaux programmes d’assurance, particulièrement dans le cadre de programmes multinationaux »

Rémy Massol, Multinational Segment Leader Europe Continentale, Chubb

Pendant des décennies, les captives d’assurance et de réassurance ont fait partie de l’arsenal des risk managers pour financer leurs risques. Ces dernières années néanmoins, le recours à une captive s’est révélé plus difficile à cause de la complexité grandissante de l’environnement réglementaire (Solvabilité II, Base Erosion and Profit Shifting (BEPS) pour ne citer qu’eux) et de la baisse continue des prix des marchés traditionnels de l’assurance.

Mais aujourd’hui, le marché continuant de se durcir, le constat est le suivant : le concept de captive redevient plus attractif et pertinent pour les risk managers des grandes entreprises. 

 

Comment expliquer cela ? Qu’est-ce qui fait de la captive un outil aussi efficace pour les risk managers, et quel est le rôle d’un assureur dans le succès d’un programme captivé ?

Avant d’aller plus loin, il est intéressant de définir ce qu’est une captive. 
Une captive d’assurance est une structure d’auto-assurance. C’est une société d’assurance ou de réassurance détenue et contrôlée par ses assurés et dont l’activité unique, ou principale, est d’assurer les risques de sa maison mère. Si certaines sont installées dans le pays de leur maison mère, la plupart des captives sont domiciliées dans des pays où l’environnement règlementaire facilite la création et la gestion de ces entités particulières. En Europe, on trouve souvent Luxembourg et Dublin comme centres spécialisés, mais il y a d’autres juridictions dans le monde.

Les captives ont de nombreux avantages pour les grands groupes : 

  • Lisser les effets des cycles d’assurance sur le moyen terme.
  • Limiter les achats d’assurance aux seuls risques de sévérité, et ainsi de minimiser le coût du risque provenant de la sinistralité de fréquence, tout en faisant bénéficier les entités opérationnelles locales de franchises qui leur conviennent.
  • Permettre à certains groupes d’assurer des expositions qui sont difficilement couvertes par les marchés traditionnels, ou à des coûts jugés prohibitifs. 

 

Pourquoi les captives ont été remises en cause ? 

Dans un passé récent, les captives ont eu à affronter des vents contraires. Avec Solvabilité II beaucoup d’acteurs de ce secteur ont redouté une plus grande complexité de gestion. Ces craintes ont entraîné un arrêt de la croissance de la création de captives, notamment pour les entreprises de taille intermédiaire, encore faiblement équipées. 

A la suite de la crise financière de 2008, le rapport BEPS de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE)/G20 examinant les stratégies d'imposition des entreprises a vu les captives faire l'objet d'une surveillance accrue de la part des autorités fiscales nationales dans le monde entier. L’un des impacts les plus marquants sur la limitation du développement des captives provient cependant du marché traditionnel de l’assurance et de la réassurance. La décrue presque ininterrompue des tarifs d’assurance depuis plus de dix ans, dans le monde, et notamment dans la plupart des marchés d’Europe Continentale, a limité l’intérêt d’utiliser une captive. Pourquoi exposer le bilan d’une captive lorsqu’un assureur est prêt à souscrire un risque à un prix agressif ?

Malgré cela, les grands groupes ont continué à utiliser leurs captives, parfois pour des expositions réduites, car cela reste un outil extrêmement puissant pour la gestion des principaux programmes d’assurance, particulièrement dans le cadre de programmes multinationaux.

 

Entrons-nous dans une nouvelle ère pour les captives ?

On constate depuis plusieurs mois, avec le retournement des marchés de l’assurance, un net regain de l’utilisation des captives dans les programmes de nos assurés. 

Cela se traduit par des augmentations de l’exposition assumée par la captive, permettant aux clients d’augmenter le point d’attachement de leurs programme excess, et donc d’impacter le prix de ces lignes. Mais on constate également des nouveaux venus qui cherchent à créer une captive, ou à loger de nouvelles branches d’assurance.

De nombreux assurés se tournent vers leur assureur traditionnel pour les aider à intégrer une captive dans leur programme d’assurance. Cette intégration implique un important travail, particulièrement lors d’un programme multinational, et toutes les compagnies d’assurance ne sont pas équipées pour répondre aux besoins spécifiques des captives. 

Chubb est un acteur incontournable, dans différentes parties du monde, mais particulièrement en France, pour le déploiement de programmes multinationaux de fronting de captives. 

Le fronting est l'utilisation d'un assureur agréé pour émettre une police d'assurance au bénéfice d'un assureur captif par l’intermédiaire d’une opération de réassurance.

Ces dernières années nous avons mis en œuvre des programmes de grande ampleur ou de grande complexité. Certains nécessitent l’émission de plus de 100 polices dans plus de 70 pays, d’autres la gestion de plus de 500 sinistres par an dans une cinquantaine de pays. Pour un autre client nous avons géré une activité de sinistres dépassant les 100 millions d’euros depuis le début du programme captivé.

Cette expertise passe par des équipes dédiées et des spécialistes d’une grande séniorité, capables d’adapter des programmes aux besoins des clients propriétaires de captives. Nous restons sans cesse à l’écoute de nos clients pour répondre à leurs évolutions. En plus de l’accompagnement humain et expert, les clients ont accès à des outils performants pour suivre en direct et en totale transparence la quasi-totalité des informations sur le déploiement du programme multinational. A travers le portail internet Chubb WorldView, ils accèdent aux copies des polices locales, statuts sur l’émission des factures ou des polices, rapports de sinistralité, etc.

 

Quelles sont les prochaines étapes ?

L’expertise et la technologie ne s’arrêtent pas là. Les innovations numériques sont également mises à contribution pour sécuriser et fluidifier les échanges entre les différents intervenants d’un montage captive. Ainsi, Chubb a mis en place pour un de ses clients et lancé avec succès un process de blockchain pour le paiement des primes dans le cadre d’un programme d’assurance international. L’amélioration des cash flows de primes entre le réseau d’assureurs locaux et la captive est un enjeu majeur pour nos clients. Le recours à la blockchain est dans ce cas une solution qui répond parfaitement à leurs besoins. Bien qu’à un stade précoce, nous voyons dans ces efforts technologiques la capacité de Chubb à accompagner ses clients dans les prochaines années afin de maitriser les différents outils à leur service et gérer les risques de leur groupe. 

Il ne fait aucun doute que la captive restera un outil particulièrement efficace dans la stratégie de gestion des risques, en particulier pour les grands groupes mais également pour les ETI qui cherchent des relais de croissance à l’international. C’est un sujet particulièrement d’actualité en France, où le ministère de l’Economie et des Finances envisagerait de faciliter la création de certaines sociétés captives en France. (*)

Quelles que soient les mesures mises en place, Chubb, en France comme ailleurs, sera là pour épauler ses clients dans le déploiement efficace de programmes multinationaux captivés.

 

*(SOURCE : Article de Challenge N°668 1/10/2020.: « Au ministère de l’Economie et des Finances, la Direction générale du Trésor planche sur un texte qui faciliterait la création, en France, de compagnies « captives », permettant aux entreprises d’assurer elles-mêmes les accidents de leurs flottes automobiles ou la responsabilité civile de leurs cadres. Un document doit être proposé avant la fin de l’année »